12 juin 2006
Les derniers soupirs…
Ça y est. On a fini notre période des master-blogueuse (ur). Mister P est passe nous regarder et on espère bien, il nous reste que les examens…
Merci Mister P pour nous introduire dans cette techno aventure par livre et spontanée obligation. Si n’était pas comme ça j’allais jamais essayé et ça m’a beaucoup plu. J’arrête quand même car le numéro infime des commentaires mon fait comprendre que je n’ai pas le talent pour accrocher et intéresser mes lecteurs. Ni même quand ils sont obligés de venir. Imagine sans la contrainte, rire ! Mais ça fait rien, je vais essayer d’autres choses. Danser la samba ou chanter peut être. Et comme ça au semestre prochain je fais un duo avec Mister P !
08 juin 2006
Hegel
- Eh bien, pour Hegel, l'Histoire est semblable au cours d'un fleuve. Le moindre mouvement de l'eau en tel point du fleuve est certes déterminé par la chute et les turbillons de l'eau loin en amont du fleuve, mais aussi par les cailloux et les méandres du fleuve à l'endroit où tu te trouves pour l'observer.
- Je commence à comprendre.
- Toute l'histoire de la pensée - autrement dit l'histoire de la raison - est comme le cours d'un fleuve. Toutes les pensées que la tradition fait "déferler" sur nous, d'une part, et les conditions matérielles qui déterminent notre présent, d'autre part, concourent à définir notre mode de pensé. Tu ne peux donc aucunement prétendre que telle ou telle pensée est juste ou éternelle.Elle peut tout au plus se révéler juste là où tu te trouves...
- En règle générale, on ne peut jamais séparer un philosophe ou une pensée - quels qu'ils soient - de leur contexte historique.
Le Monde de Sophie - Jostein Gaarder
02 juin 2006
Richard Philips Feynman
Richard Feynman est un physicien très connu, prix Nobel en 1965. Sont travail est d’une intelligence et d’une lucidité singulières. Une preuve de ses connaissances : l'ouvrage The Feynman lectures on Physics résumé de tout ce qui un jeune sortant de sa licence en physique doit savoir. Tout. Et pour moi, quand quelqu’un est capable d’expliquer quelque chose, c’est parce qu’il a vraiment compris…
Feynman jouait le bongo dans une école de samba au Brésil, apprenait aux gens comment ouvrir des cadenas avec des trombones et faisait de la recherche, quand il n’était pas trop occupé avec le reste. Mais pour plonger dans le sujet, je vous propose deux extraits d'un autre de ses livres: Are you kidding Mr. Feynman?
Une tribu du désert
Feynman a été un des 6000 scientifiques qui ont travaillé pour la construction de la première bombe atomique. Le site où le projet secret se développait était au fin fond du désert de Alamogordo aux Etats-Unis d’où personne ne sortait ni rentrait sans un ordre signé du Général Groves, responsable du projet. D’où aucune lettre, personnel ou professionnel, ne partait sans être lu.
Feynman, dans les belles nuits, sortait en cachette pour aller jouer son bongo tranquille parmi les arbustes du désert. Comment ? Il ne raconte pas.
Des années après la fin du projet, il rencontre un scientifique avec qui il a travaillé dans le projet et, en discutant, son collègue lui raconte que avec d’autres, ils ont fait plein des recherches pour découvrir à quelle tribu appartenaient les indiens qui jouaient le tambour. Qu’ils avaient même fait une table avec les soirées de « cérémonie » pour essayer de trouver une logique…
Je suis un imposteur !
Quand Feynman travaillait au Projet Manhattan, il était déjà très connue. Alors, comme toujours, il était appelé pour donner son avis aux trucs les plus sordides ou distants de sa spécialité. Son exemple le plus intéressant c’est quand un des responsables par la construction d’une usine d’enrichissement d’uranium lui appelait pour discuter les plans de construction. Tous sur la table ! Feynman comprenait que dalle ! Bien qu’il aie essayé de suivre les explications, mais sans résultat. Une bonne demi heure après le début de la réunion, il a trouvé qu’il fallait quand même poser une question sinon le gents allaient finir pour se rendre compte qui quelque chose n’allait pas. Alors il choisi un point quelconque sur la carte et dit :
- « Mais et ce truc là ? Il n’y aura pas de problème ? »
Les gens se regardent entre eux… Il s’agissait en fait, d’une fenêtre mal place qui pourrait donner suite à une explosion…
01 juin 2006
Qui est Feynman?
Je n'ai pas le temps de rester longtemps sur cette réponse et elle vaut beaucoup trop pour le faire vitte. Je vous présente donc quelques extraits, des miettes de cette personnalité rare...
Magazine People des scientifiques!
Encore à la quête de mes passions, je me plonge dans un domaine qui ne s’éloigne pas de la science (je sais, je sais, encore, mais je cherche…) et que me plaît beaucoup. C’est drôle et très utile pour démystifier un peu la science et tout ce monde de connaissance, expertise, sapience et tra-la-la... Je parle de la vie privé des scientifiques. Je sais qui ça fait un peu People mais tant pis, c’est très drôle et puis, ça peut rendre la science plus sympha.
Pour commencer, je vous propose découvrir plus sur Richard Feynman. Je donne la photo tout de suite et les infos sont à venir bientôt. Regardez et imaginez un peu le personnage!
31 mai 2006
Mites et Mythes
Mister P. attend qu'on fasse ici un mélange de travail et de plaisir. Ok. Changement de contrainte car je n'avais pas du tout compris ça comme ça au départ... Pour faire un effort, je suis allée boire un café pour réfléchir, alors, voilà que je me retrouve en plein débat avec moi même :
- Allez Rafaela, dit moi qu'est-ce que te feras plaisir de voir sur le blog? (Arrêt pour un gorge de café)
- Mince! Je tombe et retombe sur la science... la science amusante, la science qui apporte plaisir, la science pour enfants... la science ci et ça.
- Grrrr…. Pas possible que je sois si vide !
- Allez, encore….
(Trois gorgés de café)
- Toujours rien.
Tout d’un coup je me suis rappelé de quelque chose qui m’est arrivé l’autre jour. J’écoutais France Inter le matin, un programme pour les consommateurs qui appellent pour demander de l’aide, des plaintes, bref, pour râler. La dame disait qu’elle avait mare des « mites » dans sa cuisine. Mois j’ai compris des « mythes » dans sa cuisine et j’ai resté quelques secondes en train de réfléchir quel genre de « mythes » on peut avoir dans notre cuisine jusqu’à enfin me rendre compte que j’avais l’air con.
Les deux situations ensemble me disent que j’ai besoin des vaaaaaaaaaacccccccccccaaaaaaaaaaannnnnnnnncccccccceeeeeeessssss !!!!!
29 mai 2006
Compte rendu du Festival!
Franchement, vous avez raté quelque chose le week-end dernier. Le Festival des Sciences de Chamonix. Public et scientifiques tous mélangés à poser des questions à d’autres scientifiques… Des animations, Festival du filme scientifique tous les jours, conférences plaines à craquer et des gents si différentes, qui posaient des si bonnes questions… On a pleuré la fin de la planète pour ensuite la sauver, on a vu de tout et on s’est baladé, de jour et de nuit par Chamonix et ailleurs… On a vu des véritables sciences de la vie et pour la vie. Un vrai régale pour l’âme, une bouffée d’air chaud pour le cœur et pour la tête.
23 mai 2006
Représentations...
Des recherches ont déjà été faites, plusieurs même pour savoir ce qui disent les gens quand on leur demande comment ils voient la science et les scientifiques. Ok. Mais beaucoup d’autres sont venus après pour dire que toute technique de recherche de ce type souffre une forte influence de ce qui les gens jugent être la bonne réponse à la question qui a été posé ou la réponse qui aimerait entendre le type qui a posé la question. Cela doit être normal après tous les années qu’on passé à l’école a faire exactement ça.
Pour mon travail de mémoire, j’ai au fond de moi, la prétention d’exploiter dans mes analyses, les images de science et de scientifique qui sont glissées au public par la lecture des articles bien que défendre l’idée que cela reste plus facilement « marqué dans les esprits » que le contenue même dont il parlait. Et puis, souvent les gens ne lisent pas les reportages mais je n’en connais pas beaucoup qui passent droit sur une image sans s’arrêter.
Il y aura des points plus précis mais, histoire de s’entraîner, je suis allée sur un moteur de recherche et j’ai mit scientifique, scientist et cientista (Scientifique en français, anglais et portugais / espagnol). J’ai fait un peut de trie, pour choisir juste les images qui proposaient vraiment l’image d’un scientifique et pour former un groupe passible de comparaison, j’ai choisi les caricature (très parlantes par rapport à ce qu’on pense. On peut tout dire car, c’est pour rire).
Voici ce que j’ai trouvé, sauf des rares exceptions: des hommes, vieux, des blouses blanches, des méchants, des lunettes, pas des traits humains… Et si vous croyez que cela n’est pas du tout étonnant, c’est parce que pour vous aussi cela est l’image du scientifique alors, théorie renforcé !
Je vous laisse deviner lesquels viennent de quelle origine !
22 mai 2006
Problème de physique amusante
C’est peut être beaucoup trop physicien pour qui ça intéresse à tout le monde, mais je prend le risque car ça va tellement avec ce qui je disait pour Bruno Latour… Il s’agit d’une anecdote provenant d'un professeur de physique du début du siècle:
J'ai reçu un coup de fil d'un collègue à propos d'un étudiant. Il estimait qu'il devait lui donner un zéro à une question de physique, alors que l'étudiant réclamait un 20. Le professeur et l'étudiant se mirent d'accord pour choisir un arbitre impartial et je fus choisi. Je lus la question de l'examen :
" Montrez comment il est possible de déterminer la hauteur d'un building à l'aide d'un baromètre."
L'étudiant avait répondu :
"On prend le baromètre en haut du building, on lui attache une corde, on le fait glisser jusqu'au sol, ensuite on le remonte et on mesure la longueur de la corde. La longueur de la corde donne la hauteur du building."
L'étudiant avait raison vu qu'il avait répondu juste et complètement à la question. D'un autre côté, je ne pouvais pas lui mettre ses points : dans ce cas, il aurait reçu son grade de physique alors qu'il ne m'avait pas montré de connaissances en physique. J'ai proposé de donner une autre chance à l'étudiant en lui donnant six minutes pour répondre à la question avec l'avertissement que pour la réponse il devait utiliser ses connaissances en physique.
Après cinq minutes, il n'avait encore rien écrit. Je lui ai demandé s'il voulait abandonner mais il répondit qu'il avait beaucoup de réponses pour ce problème et qu'il cherchait la meilleure d'entre elles. Je me suis excusé de l'avoir interrompu et lui ai demandé de continuer. Dans la minute qui suivit, il se hâta pour me répondre :
" On place le baromètre à la hauteur du toit. On le laisse tomber en calculant son temps de chute avec un chronomètre. Ensuite en utilisant la formule : x=gt²/2, on trouve la hauteur du building. "
A ce moment, j'ai demandé à mon collègue s'il voulait abandonner. Il me répondit par l'affirmative et donna presque 20 à l'étudiant. En quittant son bureau, j'ai rappelé l'étudiant car il avait dit qu'il avait plusieurs solutions à ce problème.
" Hé bien, dit-il, il y a plusieurs façon de calculer la hauteur d'un building avec un baromètre. Par exemple, on le place dehors lorsqu'il y a du soleil. On mesure la hauteur du baromètre, la longueur de son ombre et la longueur de l'ombre du building. Ensuite, avec un simple calcul de proportion, on trouve la hauteur du building. "
Bien, lui répondis-je, et les autres ?
"Il y a une méthode assez basique que vous allez apprécier. On monte les étages avec un baromètre et en même temps on marque la longueur du baromètre sur le mur. En comptant le nombre de traits, on a la hauteur du building en longueur de baromètre. C'est une méthode très directe. Bien sûr, si vous voulez une méthode plus sophistiquée, vous pouvez prendre le baromètre à une corde, le faire balancer comme un pendule et déterminer la valeur de g au niveau de la rue et au niveau du toit. A partir de la différence de g, la hauteur de building peut être calculée. De la même façon, on l'attache à une grande corde et en étant sur le toit, on le laisse descendre jusqu'à peu près le niveau de la rue. On le fait balancer comme un pendule et on calcule la hauteur du building à partir de la période de précession. "
Finalement, il conclut :
" Il y a encore d'autres façons de résoudre ce problème. Probablement la meilleure est d'aller au sous-sol, frapper à la porte du concierge et lui dire : " j'ai pour vous un superbe baromètre si vous me dites quelle est la hauteur du building. "
J'ai ensuite demandé à l'étudiant s'il connaissait la réponse que j'attendais. Il a admis que oui mais qu'il en avait marre du collège et des professeurs qui essayaient de lui apprendre comment il devait penser.
Pour l'anecdote, l'étudiant était Niels Bohr et l'arbitre Rutherford.
PS : Rutherford -Prix Nobel Chimie vers 1910
Bohr - Prix Nobel Physique en 1922
Solution O.P. :
Le prof attendait que l'élève jette le baromètre d'en haut et mesure le temps qui sépare la vue du baromètre qui éclate, du bruit qu'il perçoit de ce même événement, et compte tenu de la différence de célérité de la lumière et du son, on peut effectivement en déduire la hauteur du building.
19 mai 2006
Bruno Latour
Bruno Latour est un des icônes de la passerelle construite entre les sciences humaines et exactes. Plus que ça, c’est quelqu’un qui a osé un chemin différent de celui qu’il me semble, la réflexion a pris depuis le moyen age. Je m’explique… L’homme a commencé à se poser des questions très tôt et les réponses étaient si différentes. Pour ne pas parler de tous qui sont venus avant lui, Platon a été un des élèves de Socrate, ses théories sont complètement différentes. Aristote a été un élève de Platon, pas seulement eux aussi sont arrivées à des conclusions différentes comme ils se sont intéresses par des objets différents, crée des méthodes de travail différents, bref, des vrais penseurs quoi. Ce n’est que avec le moyen age et le christianisme que les écoles comme ont les connaît aujourd’hui ont vue le jour et depuis c’est signe d’intelligence si ont fini les cours qu’on suivit en pensant la même chose que nos maîtres. Sans mépris par ce qui pensent les maîtres… j’aime bien ceux qui arrivent à penser par soit même et Bruno Latour l’a fait.
Il a commence par des études de philosophie en France et ensuite, il a prit la route vers la Côte d'Ivoire. Son premier livre à 32 ans (vous voyez, ont a encore le temps !) La vie de laboratoire fut traduit en six langues. Il décrit le fonctionnement quotidien d'un laboratoire californien en utilisant des méthodes ethnographiques. Ensuite, il a garde la science en tête et a exploité des liens entre la révolution de Pasteur (c’est celui qui a étudié le premier les microbes pour créer les vaccin) et la société française du 19° siècle (Les Microbes Guerre et paix, 1984). En plus que l’histoire, la philosophie et l’épistémologie de la science, il reprend la discussion de guerre, pouvoir, politique, science. Discussion si ancienne et si actuelle.
La prochaine publication traite encore science et société ou plutôt, la pratique scientifique et ses longs bras qui se mêlent partout dans la société. Des anecdotes, des études de cas, tout dans un scénario scientifique qui se promène sur la ligne du temps. Il parle du rôle de ce qui est non-humain dans la science, du clivage qui s’établie entre elle et la société. Si profond paradoxe… (La science en action, 1987)
La suite c’est Aramis ou l'amour des techniques (Prix Roberval 1992) et pour celui là, j’évoque l’avant propos d’une des éditions :
Samuel Butler, dans son livre Erewhon-, raconte l'histoire d'un étranger de passage à Trappellune qui se fait jeter en prison parce qu'il possède une montre. Indigné par cette décision, il apprend peu à peu que des mesures draconiennes y empêchent l'introduction des machines. D'après les Trappelluniens, un simple chronomètre, par une foudroyante évolution darwinienne, pourrait engendrer des monstres qui domineraient les hommes. Les habitants n'y sont pas techniquement arriérée. C'est volontairement qu'ils ont détruit toutes les machines avancées pour ne conserver que de simples outils seuls compatibles avec la pureté de leurs moeurs.
J'ai voulu, par cet ouvrage, tenter de mettre fin à ce grand renfermement.
Aux humanistes, j'ai voulu offrir l'analyse détaillée d'une technique assez magnifique, assez spirituelle, pour les convaincre que les machines qui les entourent sont des objets culturels dignes de leur attention et de leur respect. En ajoutant l'interprétation des machines à celle des textes, leur culture ne s'effilocherait pas mais prendrait du corps.
Aux techniciens, j'ai voulu montrer qu'ils ne pouvaient pas même concevoir un objet technique sans prendre en compte la foule des humains, leurs passions, leurs politiques, leurs pauvres calculs et qu'en devenant de bons sociologues et de bons humanistes, ils en deviendraient de meilleurs ingénieurs et des décideurs plus avisés. Un objet seulement technique n'est qu'une utopie aussi lointaine que l'univers de Trappellune.
Aux chercheurs en sciences humaines, enfin, j'ai voulu montré que la sociologie n'est pas cette science des seules humains, mais qu'elle peut accueillir à bras ouvert les foules de non-humains comme elle le fit au siècle passé pour les masses de pauvres gens. Notre collectif est tissé de sujets parlants, peut-être, mais auxquels s'attachent en tous points les pauvres choses, nos frères inférieurs. En s'ouvrant à eux le lien social deviendrait moins mystérieux.
Il a traité aussi la philosophie Nous n'avons jamais été modernes, la culture scientifique Petites leçons de sociologie des sciences, la sociologie Paris ville invisible, un travail à partir d'enquêtes photographiques. Mais il en a plein d’autres, des articles, des entretiens, des prix… tout à découvrir dans les bibliothèques du monde. A mon avis, Bruno Latour aussi c’est fâché contre la façon de faire de ses professeurs, il n’était pas d’accord, je le voit comme un type de rebelle, qui a voulu penser par soit, sans peur, tout en respectant les 3000 ans d’histoire sous lesquels on s’assoit. Tiens, ça peut marcher !
Une source d’info si jamais… http://www.ensmp.fr/~latour



























